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Les plus grandes fortunes d’Europe valent entre 20 et plus de 60 milliards d’euros. Il faudrait à un smicart français jusqu’à cinq millions d’années de salaires accumulés pour atteindre ces niveaux de richesse.

Les riches, de plus en plus riches, et les pauvres, de plus en plus pauvres. L’écart s’est creusé dans la société française, il est spectaculaire entre 2004 et aujourd’hui. L’Insee montre que seulement 10 % des Français possèdent 50 % du patrimoine des ménages.

La crise majeure que traverse actuellement la zone euro n’a semble-t-il pas affecté les très hauts revenus en France. Ces 10 % de Français les plus riches, soit déclarant un patrimoine brut d’au moins 552 000 euros, possèdent 50 % du patrimoine des ménages en France. Quant au 1 % des ménages les plus riches – un «top» très fermé imprégné par le secteur de la finance – ils détenaient chacun plus de 1,9 million d’euros d’avoirs. C’est ce que révèle la nouvelle enquête « Patrimoines des ménages » de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee). L’écart entre riches et pauvres ne cesse de se creuser. Environ 10 % des ménages les moins dotés détiennent chacun moins de 2 700 euros de patrimoine et collectivement moins de 0,1 % de la masse totale. Grosso modo, les 20 % des Français les moins riches ont vu leur niveau de vie amputé de 400 euros entre 1990 et 2010. Les 20 % les plus riches ont enregistré un gain de 680 euros.

Ce qu’il faut entendre par patrimoine, c’est pour l’essentiel la résidence principale des ménages (62 %). Mais les disparités de richesse se sont particulièrement aggravées, entre 2004 et 2010, parmi les ménages de salariés en activité. Les inégalités de patrimoine selon la catégorie socioprofessionnelle – comme les disparités salariales – sont très marquées, indique l’Insee qui estime que « le patrimoine médian des cadres est ainsi 35 fois supérieur à celui des ouvriers non qualifiés. »

« Une France de propriétaires »

Quid des millions de locataires ? Pendant ce temps, les 10 millions de personnes qui souffrent de mal-logement en France, selon la Fondation Abbé-Pierre, « dépensent pour avoir un toit sur la tête le quart de leurs revenus, voire la moitié pour les plus jeunes ou les plus pauvres ». Depuis 2000, les prix de l’immobilier se sont envolés de 120 % et de 50 % à 90 % en ce qui concerne la relocation (quand l’appartement change de locataire). Enfin, un chiffre qui parle : en 1980, un ménage consacrait 13 % de son budget à se loger et 25 % à se nourrir. Aujourd’hui, le rapport s’est inversé.

«Une France de propriétaires », avait promis Nicolas Sarkozy en campagne pour la présidentielle de 2007. Résultat, quatre ans plus tard : 58 % de propriétaires occupants, soit seulement deux points de plus. Le chef de l’État n’a pas tort. Pour l’Insee, « l’achat de la résidence principale représente donc une étape importante dans la constitution d’un patrimoine ». Le montant du patrimoine brut moyen des propriétaires de leur résidence principale est en moyenne 8,3 fois plus élevé que celui des locataires. Un constat qu’il faut cependant relativisé quand on sait qu’un tiers des ménages doivent encore rembourser les emprunts de certains prêts bancaires qui courent parfois sur 30 ans.

“Les financiers dans le top des plus riches”

Thierry Pech, directeur de la rédaction d’Alternatives économiques répond à nos questions.

Dans « Le Temps des riches » (Ed. du Seuil), vous semblez stigmatiser ces 1 % de Français très riches qui ont traversé la crise ?

J’ai voulu comprendre comment ça s’était produit et, surtout, comment on l’a toléré. Ces 1 % qui sont tout en haut de l’échelle, à un niveau où l’écart avec les plus pauvres est le plus spectaculaire. J’ai voulu comprendre les mécanismes économiques, fiscaux, technologiques et pourquoi, finalement, tout cela était socialement toléré. Comprendre cette tolérance croissante à l’enrichissement depuis les années 90 où s’est formée la bulle. Forcément, il y a de l’indignation. La société est majoritairement pour la mise en accusation des hauts revenus.

C’est ce que vous appelez un « petit îlot », soit environ 6 000 personnes, qui sont-ils ?

Ce sont des gens extrêmement riches. Qui ont réussi à capter l’essentiel des augmentations de revenus distribués dans les années quatre-vingt-dix et 2000. À une époque où il y a eu une sorte de fascination pour la richesse matérielle, un peu comme aux États-Unis. Une culture de la compétition et de la concurrence, dans laquelle il faut gagner beaucoup d’argent. Mais dans ce top des plus riches – c’est d’ailleurs ce qui est frappant – il y a un changement notable par rapport à il y a une trentaine d’années. Ils ne sont plus traditionnellement issus de l’industrie (grands patrons, etc.), sans parler des artistes et des grands sportifs, ce sont désormais en majorité des financiers (cabinets, banques, fiscalité). 

L’organisation Oxfam a publié un nouveau rapport sur les inégalités matérielles dans le monde. D’après ce rapport, les dirigeants de grandes compagnies sont devenus encore plus riches alors que les travailleurs et les paysans sont devenus plus pauvres.

Le rapport traditionnel d’Oxfam, publié en prévision du forum économique mondial de Davos, montre que la fortune des individus les plus riches de la planète a augmenté en un an, et que désormais 1% de la population possédait plus de la moitié des richesses mondiales. Par contre, les biens de 3,7 milliards d’habitants de la planète — la moitié pauvre de la population mondiale — sont restés au même niveau. Selon le quotidien RBC.

Les inégalités de richesse ne cessent de se creuser en France

Les inégalités de richesse ne cessent de se creuser en France

En un an (entre l’été 2016 et l’été 2017) la richesse mondiale totale a augmenté de 9.300 milliards de dollars, et 82% de cette augmentation (7.600 milliards de dollars) a atterri dans la poche des 1% les plus riches de la planète, expliquent les calculs d’Oxfam d’après le rapport annuel du Crédit suisse — Global Wealth Databook. Au final, la part de la richesse mondiale détenue par les 1% les plus riches a augmenté jusqu’à 50,1% (contre 49% un an plus tôt). En 2000, leur part était de 45%.

Alors que les 1% les plus riches possèdent 50% des richesses mondiales, la moitié pauvre de la planète se contente de moins de 1% des richesses mondiales — et même 0,5% en soustrayant les dettes nettes.

Oxfam a analysé séparément la dynamique de la richesse des milliardaires mondiaux figurant sur la liste du magazine Forbes. L’an dernier, le nombre de milliardaires a augmenté de 233 — une hausse record — pour atteindre 2.043 personnes, dont presque 90% d’hommes.

L’organisation indique que la richesse totale des milliardaires a augmenté de 13% par an depuis 2010, soit six fois plus vite que les revenus des travailleurs et des employés ordinaires à travers la planète.

Le quotidien d’un chat qui a hérité de 30.000 euros

Les auteurs du rapport expliquent que les habitants les plus aisés de la planète se sont notamment enrichis grâce à la détérioration des conditions de travail des employés. Parallèlement à la suppression des droits des travailleurs grandit l’influence des grandes entreprises sur la prise de décisions au niveau de l’État, ainsi que les versements aux principaux actionnaires.

L’augmentation du nombre de milliardaires n’est pas synonyme de croissance économique, mais au contraire d’échec du système. Ceux qui fabriquent des vêtements, assemblent des téléphones et récoltent la nourriture sont exploités pour créer un flux ininterrompu de marchandises bon marché et augmenter les recettes des grandes entreprises.

Les opinions exprimées dans ce contenu n’engagent que la responsabilité de l’auteur de l’article repris d’un média russe et traduit dans son intégralité en français.

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