Les Street Medics s’affichent sur tous les lieux où les violences policières sévissent lors de manifestations citoyennes. Ils ont très certainement sauvés beaucoup de vies en intervenant immédiatement et surtout en formant un rempart protecteur.

Le mouvement des Street Médics est né au USA dans les années 60 avec les mouvements pour les droits civiques. Puis dans les années 1990 ils accompagneront l’essor des mouvements altermondialistes.
Ils agiront en Palestine lors des printemps arabes, en Grèce et en Espagne lors des mouvements sociaux.

Un Street Medic témoigne des violences policières

Témoignages en vidéo

Ce fichier instruit le dossier : Urgence dans tous les domaines

Ce sont des groupes de secouristes bénévoles qui sont identifiables à leur casque marqué d’une croix rouge et munis de leurs sacs à dos contenant le matériel de soins pour porter les premiers secours. Ces personnes dévouées furent et sont toujours présentes sur les manifestations du mouvement des Gilets Jaunes, elles interviennent très fréquemment auprès des personnes qui subissent les effets des gaz lacrymogènes, des coups, des tirs de flashball ainsi que les effets dévastateurs des grenades de dés-encerclement effectués par les force du désordre. 

Les Street Medics n’ont aucun statut juridique. Certains sont secouristes ou urgentistes de formation, d’autres titulaires du PSC1 (certificat prévention et secours de niveau 1) ou du SST (certificat de sauveteur secouriste du travail), mais tous sont bénévoles et partagent une volonté humaniste de s’investir. Une volonté teintée de militantisme, car les Street Medics tiennent à dénoncer au passage les violences policières et comptabilisent le nombre de blessés à chaque manifestation.

Grenades GR 56 et CM 3
Les décideurs comme les exécutants sont autant de psychopathes avérés. Les uns pour avoir imposé l’usage de telles armes à l’encontre des citoyens français et les autres d’obéir en les utilisant.

Apolitiques ou anarchistes, depuis 2018, les Street Medics portent secours aux Gilets jaunes

Certains se définissent neutres quand d’autres se rapprochent des mouvances anarchistes mais tous dénoncent les violences policières et les fréquentes saisies du matériel de soins.

Eux se protègent par des casques de skate, des lunettes de ski et des masques à gaz. Dans leurs sacs à dos, ils transportent des bandages, du sérum physiologique, des désinfectants … Sur le terrain, en binôme ou trinôme ils pratiquent les gestes de premier secours. Un manifestant est blessé, la foule crie «Medics !» et une équipe intervient. «On soigne une trentaine de blessures de LBD-40 ou Flashball par weekend, beaucoup de brûlures à cause des gaz lacrymogènes.» Gwendal est secouriste bénévole à la protection civile à Lille. Il est Street Medics depuis les manifestations de la loi travail. Lorsque les blessures sont trop importantes, il fait appel aux pompiers ou au Samu. «Nous sommes totalement complémentaires car ils ont parfois beaucoup de difficultés à intervenir en plein centre de la manifestation.» Samedi 26 janvier, Jérôme Rodrigues, gravement blessé à l’œil a d’abord été pris en charge par une équipe de Street Medics avant que les pompiers ne prennent la relève. Au total depuis le début du mouvement, 1900 personnes ont été blessées.

De l’apolitisme à l’anarchisme

Des convictions que les équipes de Lille, Brest ou encore Dijon ont choisi de laisser de côté. Sur leur page Facebook, les Street Medics de Lyon l’annoncent : «Entre flashballs et pavés, nous refusons de choisir».

D’autres groupes neutres ont émergé notamment à Toulouse pour venir en aide aux blessés : les Secours Volontaires et les Croix bleues. Pour les membres du médical, le fait d’être neutre colle avec le code déontologique, explique Ludovic. À Lille, Gwendal approuve : On a déjà soigné une cinquantaine de forces de l’ordre depuis le début du mouvement bien que les relations soient parfois tendues; non sans conséquences. Ceux qui leur viennent en aide se font parfois insulter de collabos par d’autres groupes plus extrémistes.

Sur leurs pages Facebook, les groupes de Toulouse et Nantes affichent clairement leurs mouvances. «Nous sommes majoritairement Libertaires, Anarchistes, d’Extrême gauche ou Apolitiques (…) Les Street Medic de Toulouse soutiennent totalement l’idéologie donc les actions directes du Black Bloc», préviennent-ils. Dans leur message, ils précisent également refuser de soigner la police et la gendarmerie. «Nous n’allons pas tendre le bras après s’être fait bouffer la main. En outre, nous n’exerçons aucune violence en réponse à la leur.

Les Streets Medics de Nantes, également proches des mouvances anarchistes, soulignent quant à eux qu’être Street Medic, c’est être militant autonome contre l’armement de la police, le fascisme et l’autoritarisme.»

Le matériel de soins, une arme par destination ?

Les différences notables entre les deux clans de Street Medics ne les empêchent pas de viser la même cible. «Même si nous sommes neutres, nous déplorons les violences policières», déclare une Street Medic bretonne. Depuis que les membres de l’équipe de Lille ont été «placés en garde à vue le 12 janvier dernier», ils ont décidé d’opter pour une tenue plus sobre afin de ne pas être reconnus par les forces de l’ordre. Pourtant, assure Nicolas, policier à Paris, «nous ne sommes pas contre les Street Medics. Ils ont même été amenés à venir en secours à certains collègues.».

Ceux qui témoignent racontent également qu’ils se sont vus confisquer leur matériel de soins au moins une fois. Nicolas précise cependant que les Street Medics sont soumis à la même réglementation que les autres manifestants. «Les masques à gaz fermés, certains demi-masques, les casques intégraux ou les gants coqués sont donc généralement saisis ainsi que les objets pouvant devenir une arme par destination.» Concernant les appareils médicaux comme les tensiomètres «c’est à l’appréciation du policier qui fouille le sac. Certains préfèrent les retirer, d’autres les laissent». Aux barrages, ces objets sont mis dans des sacs scellés puis déposés dans le commissariat le plus proche. «Les manifestants peuvent les récupérer une fois que la situation est calmée.» À cela, Ludovic, l’infirmier de Dijon rétorque: «Normalement, ils sont censés nous donner un procès-verbal pour qu’on puisse reprendre nos affaires plus tard. Mais quelques fois, le matériel que l’on achète nous-même ou qui provient de dons est perdu.»

“Nous sommes une ressource, pas une cible” explique Ludovic, Street Medic de Dijon.

Pour éviter ces épisodes, Gwendal a décidé de se rendre en préfecture le 4 février afin de déclarer le groupe des Street Medics de Lille sous forme d’association. «Il s’agira surtout d’une organisation qui sera autorisée à faire des formations d’assistance à la personne.» De son côté, Ludovic a un message à adresser au gouvernement: «Faire comprendre que nous allons dans leur sens en s’occupant des blessés et en évitant les drames». Depuis quelques jours, il rédige des lettres au président de la République, à ses ministres ainsi qu’aux cinq députés de la Côte-d’Or. «Nous sommes une ressource, pas une cible».
Pour info, le Facebook des Street Medics de Paris.

Brochure des gestes à adopter en manif – mis à disposition par Paris-luttes.info

Blessures fréquentes – édité par les Street Medics

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