Une étude pilotée sous l’égide du ministère de la Transition écologique et solidaire révèle une hausse des ventes d’insecticides, fongicides et herbicides depuis 10 ans en France.

Voici quelques chiffres alarmants: Entre 2009 et 2018, les ventes d’insecticides ont été multipliées par 3,5 ! Celles des fongicides ont progressé de 41 %, tandis que celles des herbicides ont augmenté de 23 %. Ces données sont issues d’une étude publiée en mai 2020 par le Commissariat général au développement durable, rattaché au ministère de la Transition écologique et solidaire . Cette explosion des ventes de pesticides révèle l’échec cuisant du plan Ecophyto lancé en 2008, qui visait une réduction de l’utilisation des pesticides. La moyenne des quantités de substances actives vendues a augmenté de 22 % entre 2009-2011 et 2016-2018. Toujours selon cette étude, près d’un quart des substances achetées sont particulièrement préoccupantes pour la santé humaine et animale.

Le plan Écophyto 2018 est en France l’une des mesures issues du Grenelle de l’environnement (2007) qui avait comme objectif phare — non atteint — la réduction de moitié de l’usage des pesticides à l’horizon 2018. Ecophyto 2018 est repris par le Pnse (second Plan national second environnemental) en 2009.

Ce plan, confié par le président de la République au ministre de l’Agriculture et de la Pêche, visait à réduire et sécuriser l’utilisation des produits phytosanitaires (y compris pour des usages non agricoles). L’un de ses objectifs est de diviser par deux, l’usage de pesticides avant 2018 (formulation ambiguë car ne précisant pas s’il s’agit de tonnage, de matière active, des produits les plus utilisés ou les moins utilisés ou les plus toxiques, etc.). En octobre 2015, constatant que l’objectif ne pourrait pas être réalisé en 2018, le plan Ecophyto, a fixé l’échéance à 2025.

EVOLUTION DES VENTES DES SUBSTANCES ACTIVES ( EN TONNES )

LA REGION DE LA GIRONDE EST LE PREMIER ACHETEUR DE PESTICIDES:

Entre 2016 et 2018, vingt départements ont totalisé plus de la moitié de la quantité de pesticides achetée. Avec plus de 3600 tonnes de ces toxiques vendues en 2018, la Gironde arrive en tête. Viennent ensuite la Marne, le Pas-de-Calais, la Somme et le Gard.

La superficie agricole et la nature des cultures contribueraient largement, selon l’étude, à expliquer les disparités territoriales observées. La Marne est ainsi le département qui compte la plus grande surface agricole utile avec près de 555 000 hectares, soit plus du double de la moyenne nationale. La vigne – notamment pour le champagne – y est prépondérante. La Somme est le premier département producteur de pommes de terre, qui, quand elle est intensive, requiert des épandages fréquents. Les surfaces de cultures permanentes sont également dominantes en Gironde et dans le Gard.

TRISTE CONSTAT SUR LA REDUCTION DE L’UTILISATION DU GLYPHOSATE:

Les achats de glyphosate, dont la France a annoncé vouloir se passer d’ici à 2022 selon les dires d’Emmanuel Macron, ont augmenté de 25 % sur dix ans. Le glyphosate demeure l’herbicide le plus vendu au niveau national parmi les 122 substances actives à usage herbicide. Sa consommation en France a même augmenté entre 2017 et 2018, passant de 8800 tonnes à 9700 tonnes.

ACHATS DE GLYPHOSATE, EN MOYENNE TRIENNALE, SUR LA PERIODE 2016-2018

Plus de la moitié des achats de glyphosate se concentrent dans un quart des départements. La dose utilisée – la quantité de glyphosate rapporté au nombre d’hectares agricoles – a également augmenté. La Gironde est, là-encore, le département qui a acheté le plus de glyphosate par hectare, suivi par l’Hérault, le Vaucluse, le Gard et le Var. La Charente-Maritime est le département totalisant la plus grande quantité de glyphosate achetée. L’épidémie de cancers est loin d’être terminée…

Seule source d’optimisme, l’effet de la loi “Labbé” qui interdit, depuis janvier 2017, l’usage des pesticides pour l’entretien des espaces verts, des voiries, des promenades et des forêts, ouverts ou accessibles au public. Pour les particuliers, cette interdiction est effective depuis le 1er janvier 2019. Les ventes de produits référencés « emploi autorisé dans les jardins – EAJ » ont ainsi diminué de plus de la moitié entre 2013 et 2018 (936 tonnes en 2018, contre 1200 tonnes en 2017). L’étude souligne néanmoins que 98 produits portant la mention « EAJ », et donc autorisés à la pulvérisation dans les jardins, contient du glyphosate.

Ce que l’on peut dire, c’est que l’utilisation de ces produits dangereux pour l’humanité ainsi que pour les espèces animales, commercialisées par des multinationales comme Bayer ou Monsento (entres autres malheureusement), et cautionnée par nos dirigeants politiques, ne sont pas un moyen de faire de la bonne agriculture.

Infos sources: Bastamag

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1 réflexion sur “Explosion des ventes de pesticides et glyphosates”

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    Tant que Bayer-Monsanto auront des stocks les ventes ne feront que s’accélérer. La chute du monde agricole s’il ne s’est pas préparé pour l’après-stock ….

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