Place Beauvau vient de publier un appel d’offre d’un montant de près de 4 millions d’euros pour l’achat de plusieurs centaines d’appareils, assurant qu’il n’y a pas de lien avec leur utilisation dans la crise actuelle.

Vous vous interrogez sur un appel d’offres publié le dimanche 12 avril sur le bulletin officiel des annonces de marchés publics (Boamp). Sobrement intitulé «Drones», il émane du ministère de l’Intérieur, via le Service de l’achat, de l’équipement et de la logistique de la sécurité intérieure (Salesi, devenu le Sailmi).

Cet appel d’offres, repéré par un journaliste de Franceinfo, a donné lieu à de nombreux commentaires et reprises. Comme sur la page Facebook proche des gilets jaunes «Cerveaux non-disponibles», où une publication partagée plus de 11 000 fois s’interroge sur la temporalité de cette annonce : «Alors que l’hôpital est toujours en pénurie de masques et de blouses faute d’anticipation par l’Etat et qu’on fait plus de contraventions que de tests, la mécanique d’une société de surveillance se met en place. Voilà qu’on nous sort des bizarreries telles que des commandes de “micro-drones du quotidien” pour surveiller la population.»

Nano-drones

L’appel d’offres du ministère fixe un accord-cadre d’un montant total estimé à près de 4 millions d’euros hors TVA, sur quatre ans, et se décompose en quatre lots (les entreprises peuvent candidater pour obtenir un ou plusieurs lots). Il est possible de consulter les spécificités techniques de cet appel d’offres sur le site de la plateforme des achats de l’Etat, Place.

Le premier lot concerne environ 565 «micro-drones du quotidien», pour un prix estimé de 1,8 million d’euros (HT). Ces drones doivent faire moins d’un kilo, pouvoir voler pendant vingt-cinq minutes minimum, et à une hauteur de 100 mètres en étant discret. Ils doivent filmer en 4K ou UHD, et avoir une caméra thermique tout en transmettant à 3 kilomètres au moins.

Le deuxième lot concerne environ 66 drones «de capacité nationale», plus massifs (8 kilos maximum) mais également discrets à 120 mètres, pour un montant estimé de 1,58 million d’euros (HT). Ils doivent embarquer un objectif filmant à 500 mètres (avec un zoom x30 de jour), voler vingt minutes sans recharge et transmettre au moins à 5 kilomètres.

Le troisième lot concerne une vingtaine de «nano-drones spécialisés», pour un prix hors TVA de 175 000 euros. Ils doivent peser moins de 50 grammes, avoir vingt-cinq minutes minimum d’autonomie et transmettre leurs images à 2 kilomètres minimum.

Besoins de la sécurité intérieure ?

D’après l’appel d’offres, ces contrats comprennent, outre l’achat des équipements, leur «maintien en condition opérationnelle» et la formation des agents à leur maintenance. Ils s’inscrivent dans un «programme financé par des fonds de l’Union européenne», le Fonds pour la sécurité intérieure (FSI). D’après le site du ministère de l’Intérieur, le FSI se divise en deux volets : l’un centré sur les «frontières extérieures», et l’autre sur «la coopération policière, la prévention et répression de la criminalité, et la gestion des crises».

L’achat de drones sera-t-il fait, en partie ou entièrement, sur les deniers du FSI ? Et dans lequel de ses volets s’inscrit l’achat de ces équipements ? Le ministère de l’Intérieur n’a pas répondu à nos questions sur le sujet et se contente de nous écrire que l’accord-cadre répond aux «besoins de la sécurité intérieure (gendarmerie nationale, police nationale et sécurité civile)».

L’appel d’offres laisse aux entreprises jusqu’au 19 juin pour envoyer leur proposition, et celle-ci doit être valable pendant huit mois après cette date. Toutefois, le ministère ne nous a pas non plus communiqué la date à laquelle ces appareils entreront en fonctionnement.

Sans lien avec la situation sanitaire

Dans le contexte de crise sanitaire, l’utilisation de drones se généralise pour vérifier le respect des mesures de confinement, ce qui n’est pas sans inquiéter l’association de défense des libertés publiques la Quadrature du Net, qui a recensé plusieurs villes où les forces de l’ordre ont recours à ce dispositif. Une expérience de ce type, commencée à Nice, a par exemple été étendue à tout le département des Alpes-Maritimes où une entreprise privée de drone épaule policiers et gendarmes, selon l’agence spécialisée AEF. Dans d’autre cas, d’après l’agence, ce sont les drones de la gendarmerie qui sont utilisés, notamment sur les littoraux de Charente-Maritime, des Côtes-d’Armor, de Corse, du Pas-de-Calais, de Loire-Atlantique, du Var, ou encore «sur les berges du Doubs, en Haute-Garonne, ainsi qu’aux abords du lac du Bourget (Savoie)».

L’AEF chiffre à 300 le nombre de drones en dotation chez les gendarmes et à 110 chez la police nationale, notant que certains ont été déployés pour faire respecter le confinement à Marseille ou à Lille. La préfecture de police de Paris utilise ces équipements avec le même objectif dans la capitale, relève l’AFP.

Le ministère de l’Intérieur assure toutefois que la commande n’a rien à voir avec l’actualité : «Cet appel d’offres est sans lien avec la situation sanitaire actuelle, l’expression de besoin et les spécifications techniques ayant été consolidées au cours du second semestre 2019.» De précédents appels d’offres font état de commandes de drones de la part du ministère, mais pour des montants et des quantités moindres (233 000 euros en 2011, 315 000 puis 487 000 euros en 2015, 328 000 euros en 2016, par exemple)

Et vous, qu’en dites-vous ?

Des drones pour nous surveiller, c’est du genre Orson Welles, la réalité rattrape la fiction.

Confinement ou assignation en résidence surveillée

Il serait préférable d’utiliser le terme « Assignation en résidence surveillée » plutôt que Confinement.
La méthodologie française de confinement n’est pas citée parmi les directives de l’OMS.

il s’agit d’une mesure politique totalitaire et l’expérimentation par des instruments médiatiques d’une propagande de masse pour stigmatiser, dénoncer, surveiller, traquer, réprimer, emprisonner les récalcitrants avec l’appui de tous les moyens technologiques et informatiques modernes. Des mesures sanitaires où les récidivistes ivres d’air pur sur nos plages vont en prison.

Que deviennent nos libertés ?


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651 drones pour nous identifier
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651 drones pour nous identifier
Description
L'Etat vient de lancer un appel d'offres de 651 drones de surveillance pour 4 million € et pas pour de la photo artistique. Le prétexte de la sécurité intérieure pour nous contrôler toujours plus. Capteur thermique, haute définition, wifi 3 km, etc...
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Publication
Force citoyenne

1 réflexion sur “651 drones pour nous identifier”

  1. Avatar

    == Mon avis?
    Hal-lu-ci-nant ! (1984 est un livre que j’ai bel et bien lu, avec un peu de mal à me remettre d’avoir compris et senti possible le mal absolu, et qui m’est à présent insupportable de cauchemar)
    ça NOUS concerne (non seulement l’argent de l’Etat, donc de nos impôts, de nos taxes et effectivement de nos PV à tout va où les cochons ricaneurs -les cobs de “animal farm”- peuvent s’entraîner à avoir raison sur tous leurs caprices et leur hubris) ,
    ça NOUS concerne en premier chef (j’ai bien dit “CHEF”) 1° en tant que collectivités choisissant de quoi elles s’équipent, 2° en tant qu’individus dans leur corps intime tenu de passer sous les faisceaux (racine du mot fascisme) de détection haute définition .
    ça nous concerne, et non seulement on ne peut y mettre son mot, mais on pourrait n’être mis au courant qu’en trouvant un jour un de ces gros bourdons suspendus en ouvrant sa porte!! … Pincez-moi hors de ce cauchemar!
    Oui, ce que maintient Macron, ce qui lui permet ses opérations tout seul à satiété, c’est l’assignation à domicile de l’opposition à la tyrannie, il n’y a pas d’autre mot : c’est à dire ces gens qu’il déteste pour tous leurs crimes de lèse-majesté : en résumé, crime de le mettre en doute, en cause, de pointer ses failles et fautes. En Haïti, on rajoutait, malgré l’absence d’ennemi non Haïtien: Etat de Siège, Couvre-Feu et tontons-Macoute (ceux qui s’entraînent à mettre un PV quand on va chez un producteur de fromages bio à 2km, plutôt que chez Carrefour à 1 km, etc…)
    == Que faire? “nous, je ne vois que nous, il n’y a que nous, dans ce livre-là” (Emilie Jolie, Greta Thunberg, Corinne Morel-Darleux, François Ruffin, Hervé Kempf, Jérémy Zimmermann -de la quadrature du net-, mon cousin, mon charcutier qui touche sa bille en net underground)
    Tous les citoyens sont utiles!!! Des camarades travaillent dans le dark net, comme “la quadrature”.
    Donc à nouveau:
    1° devoir de destruction de tous objets nocifs, inutiles, et irrespectueux de la priorité de la VIE, par toute voie.
    2° cela sans attendre (mais en le favorisant) le changement radical de modèle (l’inverse: on commence à le voir clairement)
    PS modulo : ‘et en même temps’, n’oublions pas que la France a plein de zones de Bronx pour la Police (bien éloignée de la définition de ‘gardienne de la paix’) où elle ne peut mettre un pied, de repaires maffieux idem (le plus gros étant quand même lors des invitations du CAC40), peut-être de lieux de réunions en vue de terrorisme) et donc je concède que ce type de surveillance leur est seul plausible rien que sur ces cas. Ce ne serait bien sûr pas le seul usage.
    Et si j’ai bien compris, les puissances du marché auraient le droit d’en acheter??? Pire que chez Trump. “T’as droit à t’armer parce que t’es riche et que tu finances ma campagne”…

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