Ce fichier instruit le dossier : Urgence dans tous les domaines

* TOULOUSE*

Le ton est monté ce dimanche, dans plusieurs bureaux de vote de Toulouse. Les assesseurs ont dû gérer plusieurs cas d’électeurs radiés à tort des listes électorales, et saisis d’incompréhension.

Dans un communiqué, la mairie indique que “ces radiations ont eu lieu à l’occasion de la mise en place du répertoire électoral national unique géré par l’INSEE”.

“Tout a fait inacceptable”

Le service élections de la Mairie de Toulouse a géré au moins 150 électeurs mécontents ce dimanche. Mais selon l’adjoint au maire Sacha Briand ce bug a certainement concerné plus de 1 000 électeurs. C’est tout à fait inacceptable. Ces personnes ne s’étaient inscrites nulle part ailleurs.  Au moins deux personnes seraient directement allés au tribunal pour entamer une procédure et obtenir un acte du juge les autorisant à voter.

“Nous sommes la plus grosse liste de France puisque Paris, Lyon ou Marseille sont divisés en arrondissement. Nous avions l’expérience et nous savions les difficultés de cette liste. Force est de constater que le répertoire électoral unique n’est pas au rendez-vous aujourd’hui. Nous avons bientôt des élections importantes avec les municipales et la présidentielle, sur un scrutin majoritaire où l’élection peut se décider sur un petit nombre de voix et tout ça ne peut pas être entaché d’un problème de sincérité de listes électorales. Il faut que tout cela soit repris en main par le ministère de l’intérieur et dès cette semaine!” Sacha Briand, adjoint au maire de Toulouse en charge des élections.  

La Mairie précise qu’elle entend saisir le Ministère de l’Intérieur afin que des opérations de fiabilisation puissent être réalisées dans les meilleurs délais et que les électeurs ne soient pas injustement privés de leur droit de vote.

Au moins une vingtaine d’autres cas à Tournefeuille

Le même problème aurait impacté plusieurs autres communes de Haute-Garonne. A Tournefeuille, au sud de Toulouse, une vingtaine d’autres cas ont été recensés dans un seul bureau de vote, celui d’Anne-Christine, qui s’y est rendu vers 9h15 ce dimanche : “je suis allé dans l’isoloir, et au moment d’aller voter, on m’indique que je ne suis pas sur la liste. (…) Je suis très en colère, car c’est un droit qu’on me retire, et surtout je n’ai été prévenu à aucun moment”.

“Au moment d’aller voter, on m’indique que je ne suis pas sur la liste” – Anne-Christine, une habitante de Tournefeuille

“La personne qui était dans la file devant moi a eu le même problème. (…) Quant à une amie, qui avait une procuration, on lui a dit que ce n’était pas possible car la personne en question était radiée”.

Anne-Christine a donc vite entamé une procédure au sein de son bureau de vote, qui a été transmise au tribunal d’instance. Lequel tribunal a rapidement statué dans la journée, et a autorisé Anne-Christine à voter, ce qu’elle a pu faire vers 19h30 ce dimanche soir, après un aller-retour de 300 km pour un tournoi de rugby. “Ca a été un soulagement” de pouvoir voter confie la jeune femme, mais qui s’interroge désormais sur le taux d’abstention de dimanche : “il inclut quoi ce taux ? Uniquement les gens qui ne sont pas allés voter, ou ceux qui n’ont pas pu ?”.

Ce soir, la préfecture de Haute-Garonne ne fait aucun commentaire et renvoie vers le ministère de l’intérieur. 

*TOURS*

Des milliers d’électeurs tourangeaux ont été privés de vote ce dimanche. Au moins 15.000 sur la seule ville de Tours.  La faute au nouveau répertoire électoral géré par l’Insee et à un gros bug informatique. 

Muni de sa dernière carte d’électeur et d’un justificatif de domicile datant de 2016, Christian s’est présenté hier à la mairie de Luynes pour accomplir son devoir de citoyen mais, à son grand désarroi, il n’a pas pu voter. La faute au nouveau répertoire électoral géré par l’Insee et à un gros bug informatique qui l’a rayé (par erreur) des listes communales.

Comme lui, des milliers d’électeurs tourangeaux ont été privés de vote ce dimanche. Au moins 15.000 sur la seule ville de Tours. Déterminés, certains d’entre eux ont fait le déplacement jusqu’au tribunal d’instance pour recouvrer leurs droits. Mais là, ils se sont heurtés à un embouteillage inextricable. Jusqu’à quatre heures d’attente avant d’obtenir un jugement. Malgré des renforts conséquents, la justice a vite été débordée. « Du jamais vu » selon l’aveu du greffier en chef.
“ Déni de démocratie ”Malgré toute sa bonne volonté, Christian n’a pas pu voter hier. « C’est un déni de démocratie. On se plaint que les gens ne vont pas voter et, là, on nous prive de nos droits alors que nous sommes en règle », dénonçait-il hier soir avec bien d’autres « radiés » écœurés.

Sur Internet, Anne exprimait elle aussi sa colère : « Je vote à Saint-Paterne-Racan depuis 2002. Je n’ai pas déménagé… On m’a privée de mon droit de citoyenne… Quand on veut truquer les jeux, on ne s’y prend pas autrement. C’est inadmissible ! »

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